Des gestes concrets demandés pour améliorer l'accès à la main-d'oeuvre


jay-clark-510328-unsplash.jpg

La rareté de la main-d’œuvre frappe le Québec et Laval ne fait pas exception. Alors que les élections provinciales arrivent à grand pas, la communauté d’affaires demande des gestes concrets pour améliorer l’accès à la main-d’œuvre. 

Pas moins de 71 % des établissements sondés dans l’Enquête sur le recrutement et les besoins de formation dans les établissements de cinq employés et plus à Laval ont affirmé que leurs difficultés de recrutement ont eu des impacts sur leur production. C’était pour l’année 2014-2015. Avec la croissance effrénée connue depuis l’an dernier, la situation ne s’est évidemment pas améliorée. 

« Les élus disent qu’ils se penchent sur cet enjeu, mais lorsqu’on voit arriver toutes ces vagues de migrants depuis quelques années au Québec, on ne peut pas s’empêcher de se demander ce qu’on fait au juste pour leur permettre de s’intégrer, excepté de leur donner un chèque d’aide sociale », affirme Dominique Dupont, vice-présidente ressources humaines chez Lumen et membre du conseil d’administration de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval (CCIL). 

Elle évoque notamment la possibilité de leur donner un permis de travail temporaire plutôt que de les laisser poireauter des mois avant que leur dossier soit traité. 

« La disponibilité de la main-d’œuvre est un enjeu pour les entreprises et ces nouveaux arrivants ont besoin d’un travail pour remonter leur estime et mieux s’intégrer, alors il y a certainement des solutions possibles », ajoute Dominique Dupont. 

Des carrières à la hauteur de leurs compétences
La communauté d’affaires souhaite aussi que les nouveaux arrivants puissent développer une carrière à la hauteur de leurs compétences. 
Les choses pourraient évoluer rapidement alors que la CCIL a obtenu 4 M$ pour mettre en place le programme Interconnexion. Développé par la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, Interconnexion propose différentes stratégies afin de favoriser l’intégration professionnelle des nouveaux arrivants dans leurs domaines de compétence. 

« Des immigrants qui ont une belle scolarité dans leur pays d’origine et qui sont des chauffeurs de taxi parce qu’on ne reconnaît pas leur diplôme et leur expérience ici, c’est malheureusement encore une réalité », constate Dominique Dupont. « Il faut que ça change. »

Dans les écoles 
Le manque de main-d’œuvre qualifiée disponible n’est en rien aidé par la réalité du décrochage scolaire qui frappe durement le Québec. Alors que seulement 64 % des Québécois obtiennent leur diplôme d’études secondaires dans les écoles publiques en cinq ans, la province arrive bonne dernière au Canada. Si on regarde les garçons seulement, le taux chute à 57 %. L’Ontario, le Nouveau-Brunswick et la Nouvelle-Écosse sont les premières de classe avec un taux de diplomation de 84 %. 

« Les résultats pour le Québec sont décevants, particulièrement dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre », affirme Chantal Provost, présidente-directrice générale de la CCIL. 

La CCIL s’inquiète aussi des enjeux d’adéquation formation-emploi pour les gens qui sortent de l’école. 

« Les entreprises réalisent un virage numérique actuellement », affirme Chantal Provost. « Il faut s’assurer en même temps d’adapter les programmes de formation pour que les diplômés soient prêts à travailler avec les nouvelles technologies qui évoluent très rapidement. Sinon, ce sont les PME, aux ressources limitées, qui devront mettre à jour les compétences des jeunes diplômés. »

La communauté d’affaires de Laval constate donc qu’il y a beaucoup de travail à faire, dans différents domaines, pour permettre aux entreprises d’avoir accès à suffisamment de main-d’œuvre qualifiée. 

« C’est essentiel d’agir dans ce domaine crucial », affirme Chantal Provost, « pour s’assurer que les entreprises aient toutes les ressources disponibles pour continuer à croître et à pouvoir ainsi créer davantage de richesse pour la société québécoise. »


À propos de l'auteur

Martine  Letarte

Martine Letarte

Journaliste indépendante depuis 2005, Martine Letarte écrit pour plusieurs médias dont La Presse, Le Devoir, Québec Science et Géo Plein Air. Sa grande curiosité l’amène à toucher à une variété de sujets dans différents domaines, de l’entrepreneuriat à l’éducation en passant par le développement durable, la santé et l’activité physique. Elle a aussi coécrit le Petit manuel du travail autonome, conseils et témoignages, publié en 2013, aux Éditions La Presse.

Publicité: Publicité: Publicité:

Derniers articles

Nos partenaires

CCIL Logo

La Chambre de commerce et d'Industrie de Laval a 50 ans.

Pour nous suivre:

Derniers articles

Nous joindre

1455, rue Michelin,
Laval (Québec)
H7L 4S2

Tél. 450 682-5255
Fax. 450 682-5735