Développement durable | Les pratiques écoresponsables sont enfin une option rentable


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Le développement durable est devenu un enjeu omniprésent qui s’insère dans les différentes sphères de la société, des opérations des entreprises à la formation, en passant par le marketing. Les initiatives se multiplient à Laval pour aider les entreprises à prendre le train.

Un développement « qui répond aux besoins du présent sans compromettre la capacité des générations futures de répondre aux leurs ». Voici la première définition du développement durable, un concept qui est sur toutes les lèvres maintenant, mais qui ne date pas d’hier. Il a fait une première apparition en 1980 dans la Stratégie mondiale de la conservation, mais c’est en 1987 qu’il s’est répandu avec la publication du rapport de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement présidé par Gro Harlem Brundtland. C’est dans ce rapport qu’on trouve cette définition.

Au Québec, la Loi sur le développement durable, adoptée en 2006, a ajouté que « le développement durable s’appuie sur une vision à long terme qui prend en compte le caractère indissociable des dimensions environnementale, sociale et économique des activités de développement ».

La culture est aussi de plus en plus considérée comme le quatrième pilier du développement durable. En 2004, l’Agenda 21 de la culture adopté par l’organisation internationale Cités et gouvernements locaux unis a placé la culture au centre du développement durable des villes. Depuis la première heure, Montréal joue un rôle de leader mondial dans le domaine et le Québec a été la première province à rejoindre le mouvement en 2011. Puis, les Objectifs de développement durable pour 2030, adoptés en 2015 par les Nations Unies, font une place à la culture.

Le Plan de développement culturel de la région de Laval, dont la CCIL est cosignataire, fait aussi de la culture un pilier du développement régional durable. De plus en plus d’initiatives sont créées pour aider les entreprises lavalloises à prendre le virage du développement durable et à en tirer profit.

« L’intégration de pratiques de développement durable dans leur mode de gestion, leurs stratégies et pratiques d’affaires donne un avantage concurrentiel aux entreprises, notamment dans l’attraction et la rétention de main-d’œuvre », affirme Jean-Sébastien Trudel, conseiller aux entreprises, pratiques d’affaires écoresponsables et technologies propres à la CCIL.

Certification internationale écoresponsable

Plusieurs entreprises cherchent un programme pour les guider et couronner leurs efforts. C’est ce que permet la Certification internationale écoresponsable proposée par le Conseil des industries durables qui démarre actuellement une deuxième cohorte. Porté par la CCIL, le programme aide les entreprises à mettre en place un modèle d’affaires et des pratiques écoresponsables.

Dans la première cohorte, on trouvait Quantum Lifecycle Partners LP, anciennement GEEP Canada, une entreprise spécialisée dans le rachat, le réemploi sécuritaire et le recyclage de matériel informatique.

« Nous sommes la seule entreprise dans ce secteur d’activité à avoir cette certification au Québec, alors c’est une belle façon de se démarquer de la concurrence et de s’afficher comme leader tout en impliquant les employés dans une démarche rassembleuse », affirme Bruce Hartley, vice-président, développement des affaires chez Quantum Lifecycle Partners LP qui compte une cinquantaine d’employés à Laval.

Il voit déjà la curiosité de ses clients et fournisseurs par rapport à la certification.

« Je suis convaincu que les donneurs d’ordre commenceront prochainement à demander cette certification dans leurs appels d’offres », affirme-t-il.

Électrification des transports

Plusieurs initiatives existent aussi pour verdir ses déplacements. Le projet Transport 360° du Conseil régional de l’environnement (CRE) de Laval accompagne les entreprises vers l’électrification de leurs transports et la mobilité alternative. Grâce à l’expertise de son partenaire Maillon Vert, une analyse des besoins des entreprises est réalisée pour ensuite les aider à faire les meilleurs choix.

« Les entreprises ont tendance à vouloir les véhicules électriques avec le plus d’autonomie possible, mais en regardant leurs circuits de livraison et en les optimisant, on réalise souvent que des véhicules qui ont un peu moins d’autonomie peuvent faire le travail à moindre coût », constate Olivier Canuel Ouellet, chargé de projet, Transport 360° au CRE de Laval.

Le programme, en recrutement pour sa deuxième cohorte, vise aussi à simplifier la vie des entreprises et à les faire économiser.

« Nous formons des groupes d’achats pour tenter d’avoir de meilleurs prix auprès des concessionnaires et des vendeurs de bornes », explique Olivier Canuel Ouellet. « On fait aussi les demandes de subventions et les suivis pour les participants. »

Transport 360° offre également de l’accompagnement pour regarder les meilleures options de transport collectif, actif et de covoiturage.

Et si vous décidiez plutôt de transformer vos camions de livraison pour qu’ils fonctionnent maintenant à l’électricité ? C’est ce qu’a fait Courrier SLR, grâce à l’expertise de Nordresa, deux entreprises situées à Laval.

« Nous sommes la première entreprise de courrier au Québec à avoir un camion électrique, donc à faire des livraisons zéro émission », se réjouit Gaël Radier, président de Courrier SLR.

En plus d’être un élément à mettre de l’avant du point de vue marketing, le nouveau camion qui a entre 250 et 300 km d’autonomie permettra un jour d’économiser.

« Avec la subvention que Nordresa est allée nous chercher pour financer la moitié de la transformation et nos économies d’essence, notre camion électrique nous revient environ au même prix qu’un à essence », évalue Gaël Radier. « Mais, nous économiserons sur l’entretien. Le camion électrique vient aussi pratiquement éliminer le bruit et les vibrations, alors il augmente la qualité de vie des chauffeurs. »

La symbiose en mode maillage

La CCIL continue aussi à faire progresser son projet de symbiose industrielle pour aider les entreprises à valoriser leurs résidus de production en les offrant à d’autres joueurs qui s’en serviront comme matière première. Alors que la caractérisation des matières résiduelles dans les entreprises a été complétée, c’est le temps de réaliser les maillages.

On commence par le bois qui est présent dans 80 entreprises qui ont participé à la caractérisation des résidus pour la symbiose. De plus, cette matière a encore peu de débouchées, contrairement au carton et au papier. Avec l’appui du Centre de transfert technologique en écologie industrielle (CTTÉI), le premier atelier de maillage se tiendra le 5 décembre et permettra aux entreprises de rencontrer des repreneurs de bois.

Dans la même vision, la CCIL travaille aussi sur le projet Vision zéro déchet. Ce parcours d’accompagnement permettra de travailler en amont avec les entreprises, alors que le meilleur déchet demeure toujours celui qu’on évite de produire !

Ce projet est réalisé grâce au financement du Fonds d'appui au rayonnement des régions.


À propos de l'auteur

Martine  Letarte

Martine Letarte

Journaliste indépendante depuis 2005, Martine Letarte écrit pour plusieurs médias dont La Presse, Le Devoir, Québec Science et Géo Plein Air. Sa grande curiosité l’amène à toucher à une variété de sujets dans différents domaines, de l’entrepreneuriat à l’éducation en passant par le développement durable, la santé et l’activité physique. Elle a aussi coécrit le Petit manuel du travail autonome, conseils et témoignages, publié en 2013, aux Éditions La Presse.

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