La relance rêvée (éditorial du MAG de février 2021)

Éditorial : la relance rêvée [tiré du MAG]


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Je dois vous confier que j’ai l’impression de faire de la redite depuis mars dernier. Et je ne pense pas être la seule. Vivre dans l’inconnu nous pousse à vouloir retrouver un certain contrôle. On se met en mode solution, on réfléchit à l’après et on se dit que oui, ce sera mieux qu’avant. Bref, on carbure à l’espoir ! 

Or, dans cette crise, plus le temps avance, plus nos attentes se font réalistes. Moins les vallées de la reprise s’annoncent verdoyantes. D’un côté, c’est sage. On a toujours besoin d’une dose de pragmatisme. De l’autre, on continue de rêver l’avenir, ce qui demeure un moteur essentiel. Il ne s’agit pas de libérer les licornes de notre imaginaire mais de se dire qu’il est possible d’apprendre et de s’améliorer, et que l’après ne pourra être un copier-coller de l’avant. Un juste dosage, quoi ! 

Ainsi, si on avait souhaité une reprise verte, équitable, on réalise aujourd’hui que la révolution risque davantage d’être une évolution. Les fossés ne seront pas comblés du jour au lendemain. Les objectifs de l’accord de Paris ne seront pas atteints d’un coup de baguette magique. De même, les investissements prévus dans les plans de relance gouvernementaux viseront à accélérer les changements et à trouver des solutions locales.  

 

Au-delà des chiffres 

Il faut se méfier des chiffres globaux. Jusqu’ici le Québec semblait bien performer. Le taux de chômage, un indicateur bien qu’imparfait, permettait de voir que l’emploi au Québec avait repris. La fragilité de la situation a frappé de plein fouet avec la publication des chiffres de janvier où on note une hausse de 2 points, de 6,8 % à 8,8 %. Comparativement à l’Ontario où le taux de chômage est de 10,2 %, le Québec est en meilleure posture, mais rien pour célébrer. Et il faut le dire, derrière ces chiffres se cachent des réalités complexes selon le genre et le secteur d’activité dans lequel on se trouve. Le secteur public québécois a notamment joué un rôle d’employeur plus important. La population québécoise étant plus âgée, le profil de la main-d’œuvre diffère. Enfin, plusieurs ont choisi de se retirer du marché du travail, notamment pour reprendre des études.  

 

En V, W, K  

Si la lumière pointe au bout du tunnel, une grande inconnue demeure?: quelle forme prendra la reprise ? La réponse variera selon les secteurs et même selon notre genre. Le ministère du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale du Québec confirmait que, d’octobre 2019 à octobre 2020, 68?% des emplois perdus au Québec étaient occupés par des femmes. Est-ce que les femmes seront au cœur de la reprise ? Est-ce que la reprise sera plus rapide dans certains secteurs ? 

On imagine bien que, suite au confinement, les Lavallois auront le goût de sortir, de se divertir, de se voir. Ce qui laisse présager des meilleurs jours pour la culture et la restauration, des secteurs qui peinent mais qui pourraient vivre une relance en flèche une fois la pandémie sous contrôle.  

Mais le hic est là. Comme le Québec ne vit pas dans une bulle, nous sommes dépendants du contrôle de la pandémie. À ce titre, nous sommes tous responsables. Les gouvernements ne peuvent y arriver seuls. Et ce sera la même chose une fois la crise passée. Si on souhaite que les choses soient différentes, il faudra s’atteler à la tâche. Innover, se requalifier… Les gouvernements pourront contribuer financièrement pour accélérer le changement, mais ils ne pourront en être les seuls acteurs. 

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À propos de l'auteur

Marie Grégoire

Marie Grégoire

Communicatrice multifonction, Marie Grégoire cumule une expérience diversifiée en communication dans les secteurs économique et social. Son parcours politique l’a mené à l’Assemblée nationale à titre de députée de Berthier. Elle est aujourd’hui présente dans le paysage médiatique québécois à titre de collaboratrice de différentes émissions radiophoniques et télévisuelles où la diversité de ses intérêts permette de partager sa vision bien à elle des enjeux. Engagée dans son milieu, elle apporte son soutien à plusieurs organismes.

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