Journal de bord (partie 3)


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Crédit photo : Courtoisie

Jean-Benoît Guertin

 

Voilà, la formation est terminée. J’ai donc complété mon plan d’affaires et j’ai même eu quelques premiers clients. J’ai cependant éprouvé des difficultés auxquelles je ne m’attendais pas. Par exemple, il semblait simple de trouver un prix pour le service offert, mais ce ne l’était pas. Du moins, ça ne l’a pas été dans mon cas. Un prix trop bas restreint les profits et rend peu viable l’entreprise, alors qu’un prix trop haut fait fuir la clientèle potentielle. Ce sont des notions de base dont on réalise la complexité uniquement en les vivant !

Ayant traversé ces quelques obstacles, le plus gros défi auquel je fais présentement face n’est pas directement lié aux notions de la formation ou encore à l’entreprise elle-même. Je vous le partage ici par souci de transparence et en toute humilité : il s’agit d’une grande difficulté à rester motivé. Je crois que ce point résonnera chez plusieurs entrepreneurs. Pendant la formation, j’étais encadré, comme je le disais dans mon article précédent, par des gens stimulants. J’étais encouragé à avancer mon plan d’affaires et à me poser les bonnes questions face à mon idée d’entreprise. Une fois terminé, et maintenant que je suis seul, il est beaucoup plus difficile de savoir quoi faire et où aller. J’ai entendu, pendant la formation, le terme « entrepreneur hybride ». Celui-ci représente un entrepreneur qui démarre une entreprise tout en conservant son emploi. Je trouvais que ce terme me représentait bien, mais je constate aujourd’hui le côté pervers de conserver son emploi tout en démarrant une entreprise. Le temps que je passe au travail, afin d’avoir un revenu stable, n’est pas consacré à mon entreprise. Il me vient des idées pendant la journée de ce que je pourrais faire et, une fois chez moi, j’ai d’autres obligations qui m’empêchent de les réaliser. Je suis conscient qu’il n’y a rien d’impossible et c’est pourquoi je vois ce problème de temps comme un manque de motivation. Je ne suis pas déterminé à laisser mon emploi et à me consacrer entièrement à l’entreprise étant donné l’importance que mon revenu a pour ma subsistance et celle de ma famille. J’ai de la difficulté à catégoriser ce comportement. Est-ce de l’insécurité ou, au contraire, de la maturité ? Peut-être un peu des deux.

Je suis conscient que ce troisième volet de mon périple teinte un portrait beaucoup plus sombre de l’entrepreneuriat que les deux premiers, mais je crois fermement que ce down est normal et sain dans l’évolution de mon entreprise. Je crois que l’important est de ne pas laisser tomber. Je considère toujours que mon idée d’entreprise est pertinente et je désire toujours faire mentir les mauvaises statistiques sur la survie des startups. 

Le bon côté est que je réalise où est le problème et je sais ce que j’ai à faire. Je dois trouver une façon de me motiver, de me libérer du temps chaque jour afin de travailler un tant soit peu sur l’entreprise. Je sais qu’il existe plusieurs groupes d’entrepreneurs et que les réseaux sociaux sont un bon endroit pour discuter de ces types de problèmes avec d’autres qui vivent les mêmes réalités.

Voici donc mon mandat pour la prochaine partie de ce journal de bord : trouver des sources d’aide et de motivation afin de vous les partager et ainsi d’aider d’autres entrepreneurs qui, comme moi, peuvent éprouver certains problèmes et faire face à une remise en question.

Je crois que c’est un bon plan…


Jean-Benoît Guertin s’est récemment lancé dans l’aventure de l’entrepreneuriat et nous partage, à chaque numéro du MAG en 2018-2019, son expérience à travers l’écosystème lavallois.


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