La dette du Québec, revenir de loin !


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Alors qu’elle était pratiquement inexistante à la fin du régime de Maurice Duplessis, qui ne voulait pas « emprunter et engager inutilement l’avenir », les choix politiques du gouvernement Lesage, dans la foulée de la Révolution tranquille, ont inversement volontairement ouvert la voie de l’emprunt pour moderniser le Québec. Conséquemment, la dette a fortement évolué depuis 60 ans où elle a été en augmentation quasi constante jusqu’au milieu des années 1990. Combiné à 40 années déficitaires consécutives (de 1958 à 1998), la dette du Québec est passée d’une valeur totale de 2,5 milliards de dollars au début des années 1970 à plus de 100 milliards de dollars en 1998.

Ayant atteint l’un des plus lourds niveaux d’endettement parmi les provinces canadiennes, ayant été décoté par Moody’s en 1993 et en 1995 et devant la crainte d’une autre décote, le gouvernement Bouchard a réussi, dans la foulée d’un Sommet socio-économique, à faire émerger un consensus sur la nécessité de rétablir l’équilibre budgétaire, celui-ci ayant bien sûr un effet positif sur l’évolution de l’endettement.

Malgré cela, le gouvernement Charest trouvait que le poids de la dette restait trop important en regard des autres provinces, et c’est la raison pour laquelle le Fonds des générations est entré en vigueur en 2007, dédiant ainsi annuellement des sommes devant servir éventuellement exclusivement au remboursement de la dette.

Sur une base comparative et illustrative avec l’Ontario, il est possible de suivre l’évolution respective de la dette. Après le retour à l’équilibre budgétaire généralisé à la fin des années 1990, la dette nette du Québec en proportion du PIB suit une tendance baissière semblable à celle de l’Ontario, mais sans pour autant parvenir à réduire l’écart avec l’Ontario (15,3 points en 1997-1998 contre 16,2 points en 2006-2007). Maintenant, l’écart apparaît nul en 2018-2019. En 2023-2024, les prévisions budgétaires indiquent que l’écart de ratio d’endettement sera à l’avantage du Québec par 3,8 points.

Évidemment, les agences de notation comme Moody’s réagissent à l’évolution de l’endettement des provinces. La cote de crédit du Québec s’est améliorée, celle de l’Ontario s’est plutôt détériorée. Depuis 2018, la cote du Québec est même supérieure à celle de l’Ontario. Il s’agit d’une première depuis 1931 !

Aujourd’hui, Moody’s accorde à seulement trois provinces une meilleure cote que le Québec, soit la Colombie-Britannique, le Saskatchewan et l’Alberta.

Sachant d’où on revient, voilà qui a de quoi nous réjouir.

 

Évolution de la dette nette en pourcentage du PIB, Québec et Ontario, 1981 à 2023


Source : Comptes publics du Canada


À propos de l'auteur

Luc Godbout

Luc Godbout

M. Godbout est titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

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