La participation des femmes au marché du travail, que de chemin parcouru


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Depuis le milieu des années 1970, le chemin parcouru par les Québécoises, sur le plan économique, est phénoménal. Voyons quelques chiffres pour illustrer nos propos.

La quête de l’égalité entre les hommes et les femmes s’est notamment articulée autour d’une présence accrue des femmes sur le marché du travail. Elle a été appuyée plus récemment par des régimes publics qui favorisaient leur participation au marché du travail, pensons à la mise en place des services de garde à contribution réduite. Parallèlement, leur scolarité s’est sensiblement améliorée.

En 1975, les femmes restaient encore majoritairement à la maison pour vaquer aux tâches ménagères. En conséquence, elles n’occupaient que le tiers des emplois existants au Québec. Évidemment, en présence de jeunes enfants, la mère restait traditionnellement à la maison. Seulement un quart des couples avec de jeunes enfants comptait sur deux revenus de travail.

En 2018, les femmes détiennent près de la moitié (47,8 %) des emplois au Québec.

Bien sûr, l’obtention de diplôme n’est pas sans lien avec la participation des femmes au marché du travail. Encore en 1990, les femmes de 25 à 44 ans étaient moins nombreuses que les hommes à détenir un grade universitaire. En 2018, elles les ont rattrapés et même devancés : pour 10 hommes de 25 à 44 ans avec un grade universitaire, 13 femmes du même groupe d’âge en détiennent maintenant un.

Entre 1976 et 2018, le taux d’emploi des femmes âgées de 25 à 44 ans a pratiquement doublé, passant de moins de 44,5 % en 1976 à 83 % en 2018. Au cours de la période analysée, le taux d’emploi des hommes du même groupe d’âge connaissait la tendance inverse en diminuant de 89,1 % à 87,4 %. Maintenant, avec un écart de taux d’emploi de quatre points de pourcentage, la proportion des hommes et des femmes de ce groupe d’âge sur le marché du travail s’équivaut pratiquement.

 

Une comparaison avec l’Ontario permet de mieux cerner la progression de la participation des femmes québécoises au marché du travail. Bien sûr, le taux d’emploi des femmes a progressé dans les deux provinces, mais le Québec partait derrière. En 1976, le taux d’emploi des femmes de 25 à 44 ans était plus faible au Québec qu’en Ontario, 44,5 % comparativement à 54,8 %. Malgré une progression, les femmes québécoises étaient toujours moins nombreuses que les ontariennes en 1996 à participer au marché du travail, 68 % versus 71,7 %. Aujourd’hui, les femmes québécoises les ont significativement dépassées avec un taux d’emploi de 83 % contre 77,1 %. Entre 1996 et 2018, le taux d’emploi des femmes québécoises âgées de 25 à 44 ans a progressé de 15 points de pourcentage contre 5,4 points en Ontario.

 

Le constat est également frappant sur la scène internationale. En 1996, le taux d’emploi des femmes québécoises âgées de 25 à 44 ans se situait en milieu de peloton au sein des pays de l’OCDE de trois millions d’habitants ou plus (au 16e rang). En 2008, le Québec avait bondi au 8e rang, alors qu’en 2017, il occupe le 1er rang.

 

Figure : taux d’emploi des femmes âgées de 25 à 44 ans, 1996 et 2017

Que s’est-il passé ? La mise en place des services de garde à contribution réduite apparaît comme un catalyseur pour l’augmentation plus rapide qu’ailleurs du taux d’emploi des femmes de 25 à 44 ans.

En gros, de 1996 à 2018, 1 137 900 des 1 718 800 emplois ajoutés à l’économie québécoise ont été comblés par des femmes.

 


Luc Godbout est titulaire de la Chaire en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

luc.godbout@usherbrooke.ca 


À propos de l'auteur

Luc Godbout

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M. Godbout est titulaire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques de l’Université de Sherbrooke.

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