La pénurie frappe ? Il y a des solutions


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La main-d’œuvre est particulièrement rare depuis plusieurs mois à Laval, comme partout au Québec d’ailleurs. Pour répondre à leurs besoins, les employeurs doivent considérer différentes réalités pour recruter et retenir leurs employés. En plus d’oser offrir, bien sûr, des éléments séduisants aux candidats potentiels. Tour d’horizon. 

Vous cherchez des manutentionnaires ou des vendeurs ? Vous n’êtes pas les seuls ! Ces types de postes sont parmi les plus signalés dans la région de Laval sur le site Placement en ligne d’Emploi-Québec en septembre 2018. On a même vu sur cette plateforme près de 4 000 postes affichés en septembre pour la région. 

En parallèle, le taux de chômage était de 5 % à Laval, ce qui représente 12 300 personnes, selon l’Enquête sur la population active. 

«Il y en a des travailleurs disponibles à Laval, mais souvent, ils ont de la difficulté à entrer en contact avec les entreprises qui ont des besoins », constate Lucie Dubé, représentante de Service Emploi Laval (SEL) qui réunit 13 organismes œuvrant en développement de l’employabilité. 

Simplifier le processus d’embauche

Lucie Dubé, également directrice générale de l’Association Midi-Quarante, qui donne des services de transition et de gestion de carrière pour les 45 ans et plus, constate qu’il est devenu souvent très complexe aujourd’hui pour un candidat de postuler. 

« Pour plusieurs entreprises, il n’y a pas moyen de postuler sans passer par le Web, puis la candidature est analysée de façon automatique par une recherche de mots-clés », explique-t-elle. « C’est un processus complexe qui peut laisser passer de belles candidatures. » 
Heureusement, elle constate que les employeurs changent de plus en plus d’attitude envers les chercheurs d’emploi. 

« Avant, les employeurs étaient maîtres du jeu et on ne conseillait pas aux candidats de se rendre sur place, ou d’appeler, mais maintenant, on le fait », dit-elle. « Les gens aux ressources humaines sont plus ouverts à ça actuellement, parce qu’ils manquent de main-d’œuvre. Les entreprises font aussi de plus en plus appel aux différents organismes d’employabilité. » 

Plusieurs employeurs s’ouvrent également à des catégories d’employés plus larges. 

« Comme les personnes avec des handicaps », indique Lucie Dubé. « Certains employeurs travaillent à intégrer des clientèles spécifiques et ça fonctionne très bien. »

Et les immigrants ?

L’arrivée d’immigrants représente bien sûr une source intéressante de main-d’œuvre. 

« Il arrive environ 3 000 immigrants par année à Laval et ils forment maintenant déjà plus de 28 % de la population », précise Johanne Allaire, directrice générale de Perspective Carrière, un organisme de services-conseils en transition de carrière et recherche d’emploi mandaté par le gouvernement du Québec pour faciliter l’intégration des nouveaux arrivants. 
Pourtant, Perspective Carrière cherche ces nouveaux arrivants. 

« Chez nous, comme dans les différents services gouvernementaux, on voit moins de gens se présenter pour obtenir des services », affirme Johanne Allaire. « C’est peut-être parce qu’avec la pénurie de main-d’œuvre, les immigrants se trouvent rapidement du travail. »
Depuis juillet, Perspective Carrière a dû annuler deux sessions du programme de formation Objectif intégration qui aide les nouveaux arrivants à mieux comprendre les valeurs de la société québécoise et la situation du marché du travail. 

Toutefois, Johanne Allaire ne considère pas que tout est réglé dans le domaine de l’intégration des immigrants. 
« Souvent, les nouveaux arrivants sont hautement diplômés et ils se voient offrir des emplois alimentaires », remarque-t-elle. « Or, ces gens ne sont pas destinés à ce type de travail. Je crois que les employeurs doivent oser offrir des postes intéressants aux immigrants avec une perspective à long terme. »

Intégrer une personne fraîchement arrivée au pays prend naturellement un peu de temps. Depuis le printemps dernier, les entreprises peuvent désormais obtenir une subvention salariale allant jusqu’à 70 % pour un maximum de 30 semaines grâce au Programme d’aide à l’intégration des immigrants et des minorités visibles en emploi (PRIIME). 

« Nous aidons aussi les entreprises à adapter leurs outils RH, comme le manuel de l’employé, pour les rendre plus inclusifs », indique Johanne Allaire. « Nous travaillons également avec les entreprises pour les amener à mieux comprendre les différentes cultures et diminuer les mésententes culturelles. »

Offrir des conditions gagnantes 

Savoir attirer et retenir la main-d’œuvre est finalement une recette complexe composée de différents ingrédients, mais on ne peut pas négliger un élément incontournable : le salaire et les avantages sociaux offerts. 

« D’ailleurs, il n’y a pas de pénurie de main-d’œuvre dans tous les domaines », indique Lucie Dubé. « Quand les salaires sont intéressants, c’est beaucoup plus facile de trouver des employés. »

Il ne faut pas négliger non plus les avantages sociaux, que ce soit le régime d’assurance collective, la caisse de retraite, ou encore différents éléments pour améliorer la santé et le bien-être des employés. 

« Avec le marché de l’emploi actuel où le recrutement est difficile, on voit des employeurs qui souhaitent offrir des avantages sociaux à leurs employés alors qu’ils ne l’avaient jamais envisagé auparavant », affirme Jean-Philippe Cormier, conseiller en assurance et rentes collectives chez Finaplus, une firme de services-conseils en services financiers qui travaille aussi de près avec différents partenaires spécialisés en ressources humaines. 

Et, semble-t-il, la PME peut y arriver sans se ruiner !

« L’employeur n’est pas obligé de contribuer énormément à la prime d’assurance ou à la caisse de retraite », nuance Jean-Philippe Cormier. « On peut en plus envisager des services innovants, comme Dialogue qui permet d’avoir une consultation par vidéoconférence avec un professionnel de la santé. On a aussi des partenaires qui viennent donner des sessions d’activité physique en entreprise. On peut construire un programme qui convient vraiment aux besoins de l’employeur. »

Pas de doute, la course au talent est bel et bien lancée. Et on n’attire pas les mouches avec du vinaigre.


À propos de l'auteur

Martine  Letarte

Martine Letarte

Journaliste indépendante depuis 2005, Martine Letarte écrit pour plusieurs médias dont La Presse, Le Devoir, Québec Science et Géo Plein Air. Sa grande curiosité l’amène à toucher à une variété de sujets dans différents domaines, de l’entrepreneuriat à l’éducation en passant par le développement durable, la santé et l’activité physique. Elle a aussi coécrit le Petit manuel du travail autonome, conseils et témoignages, publié en 2013, aux Éditions La Presse.

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