L'autre côté du miroir [Blogue]


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Je suis dernièrement allé dans un commerce de location puisque j’avais besoin d’une remorque pour une utilisation immédiate. Après avoir comparé les prix en ligne, je me suis rendu chez un commerçant dans la zone la plus anglophone de Laval qui est, selon l’excellent article de Camille Gaïor : La population anglophone de Laval passée au crible1, la frontière entre Chomedey et Sainte-Dorothée.

À mon arrivée chez ce commerçant, j’ai été accueilli en anglais. Sans aucune offense de ma part, ni par souci de patriotisme ou de confrontation linguistique, j’ai répondu aux questions anglophones du commis dans ma langue maternelle, c’est-à-dire le français. Il est bien de spécifier que malgré que j’aie une bonne compréhension de l’anglais, je n’ai pas eu l’occasion de pratiquer mon dialogue sur une base régulière, n’ayant pas la chance d’avoir d’ami proche ou collègue anglophone. Ma capacité à m’exprimer dans cette langue laisse donc plutôt à désirer, d’où ma détermination à lui répondre en français.

Le commis, qui avait clairement le souci de bien servir sa clientèle, a alors fait un très grand effort pour me parler dans un français approximatif. Voyant sa difficulté, qui commençait davantage à ressembler à de la détresse, je lui ai dit qu’il pouvait me servir en anglais sans problème, mais que je lui répondrais en français pour la raison mentionnée précédemment.

Avec ensuite beaucoup plus d’aisance et tout en prenant mes informations pour la location de ladite remorque, nous avons entrepris une conversation bilingue, c’est-à-dire qu’il comprenait bien le français, mais me parlait en anglais et vice-versa dans mon cas. J’en ai alors appris plus sur sa vie, son travail et sur le fait qu’il était Américain. Il était au Québec depuis peu et cherchait vraiment à améliorer son français. Il m’a confié qu’il apprenait beaucoup en écoutant de la musique francophone. J’ai trouvé cette confidence très surprenante, alors que la culture américaine est omniprésente dans nos vies, autant par les émissions de télévision que par la musique diffusée sur nos ondes radio. Pour lui, c’était le monde à l’envers, l’autre côté du miroir.

Malgré que cette rencontre n’a pas été déterminante dans ma vie et n’a pas provoquée chez moi de remise en question existentielle, elle m’a tout de même permis de me mettre à la place de quelqu’un d’autre l’espace d’un instant et de me demander comment je me débrouillerais si j’avais à répondre à une clientèle majoritairement anglophone.

J’admire la volonté de ce commis à vouloir s’améliorer et son courage à faire face à une clientèle fièrement francophone. Ce n’est pas la barrière linguistique qui a rendu cette rencontre intéressante, mais bien la volonté commune à la surpasser.

1 https://www.courrierlaval.com/actualites/2012/3/9/la-population-anglophone-de-laval-passee-2923396.html

 

 

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