L’éloge de la nuance


Marie Gregoire_© Bénédicte Brocard.jpg

L’idée de cet édito m’est venue cet été. Une personne que j’apprécie sur les réseaux sociaux a publié sur Twitter un message appelant à la modération dans les débats. Je me suis empressée de répondre que j’approuvais son intervention.

Quelques minutes plus tard, un internaute nous a répondu en laissant entendre que le centre, la nuance mène nécessairement au statu quo.

Je me suis dit, qu’à la veille d’une campagne électorale, cette vision du monde était plutôt déprimante. Faut-il vraiment une société polarisée pour réaliser de grandes choses ? J’en doute. Je suis de celles qui croient qu’il est possible d’accomplir de grandes choses dans l’équilibre, en adoptant des politiques qui rejoignent une majorité. Et que si le débat est riche en démocratie, il peut se dérouler dans le respect.

Pendant longtemps nos débats politiques se sont définis à travers l’axe de l’option nationale. Notre comportement électoral se traduisait à travers le prisme des oui et des non à l’indépendance. Un débat politique émotif qui n’a pas empêché le Québec de traverser deux campagnes référendaires sans verser dans la violence. Il y a bien eu des débats houleux, des échanges corsés, même entre membres d’une même famille. Quand on se compare à d’autres endroits du monde qui ont eu le même genre de débat, on peut se réjouir de notre maturité.

Aujourd’hui, plusieurs angles permettent de nous définir comme électeur. Notre principale motivation peut être la vision économique et le type d’intervention de l’État que préconisent les partis. Elle peut aussi être déterminée par les plans contre les changements climatiques, ou encore pour le vivre ensemble.

Ces différentes priorités font aussi émerger de nouvelles formations politiques ou fragmentent davantage le portrait politique. On le constate à la lecture des sondages. Longtemps, l’appui aux partis se concentrait principalement autour de deux groupes. Le visage politique est maintenant différent. Plusieurs formations émergent ou récoltent davantage d’appuis que par le passé.

Plusieurs angles, plusieurs débats, plusieurs partis enflamment les réseaux sociaux. Malheureusement, on adopte souvent l’argument du « si vous n’êtes pas de mon avis, vous êtes contre moi ». On peut avoir des priorités différentes sans s’insulter. On peut même se retrouver à mi-chemin pour accomplir des changements importants. Le ton fait toute la différence. 


À propos de l'auteur

Marie Grégoire

Marie Grégoire

Communicatrice multifonction, Marie Grégoire cumule une expérience diversifiée en communication dans les secteurs économique et social. Son parcours politique l’a mené à l’Assemblée nationale à titre de députée de Berthier. Elle est aujourd’hui présente dans le paysage médiatique québécois à titre de collaboratrice de différentes émissions radiophoniques et télévisuelles où la diversité de ses intérêts permette de partager sa vision bien à elle des enjeux. Engagée dans son milieu, elle apporte son soutien à plusieurs organismes.

Publicité: Publicité: Publicité:

Derniers articles

Nos partenaires

CCIL Logo

La Chambre de commerce et d'Industrie de Laval a 50 ans.

Pour nous suivre:

Derniers articles

Nous joindre

1455, rue Michelin,
Laval (Québec)
H7L 4S2

Tél. 450 682-5255
Fax. 450 682-5735