Les temps changent


La frénésie des Fêtes commence déjà à nous habiter. Cette période d’effervescence est souvent le moment de retrouver son cœur d’enfant et de se remémorer les moments magiques qui l’ont marqué à travers le temps. Dans mon cas, un de ces souvenirs prend un tout nouveau sens cette année.

 

Il fut une époque pas si lointaine où dinde et catalogue étaient indissociables. La livraison de la brique de Sears marquait le début de la fête. Cela faisait partie de mon rituel de petite fille. Je me souviens de la magie qui accompagnait la livraison du catalogue à la maison. Ma sœur et moi passions des semaines à le feuilleter. Nous choisissions les jouets qui se retrouveraient ultimement sur notre liste d’« enfants sages ». Nous jouions du ciseau pour faire du scrapbooking créatif à l’intention du père Noël. Il n’était pas rare qu’au bout de l’exercice la publication ressemble plus à un gruyère qu’autre chose.

De nos jours, cette tradition a pris une toute autre tournure. La dinde a cédé sa place à une quantité d’autres menus et le rituel d’achat des étrennes s’est complètement transformé. L’attente du catalogue a cédé sa place à l’instantanéité du Web.  Les après-midis passés à découper ont été remplacés par des soirées à naviguer sur le Web. On peut même ajouter que la visite au centre commercial se résume pour certains à la photo des enfants avec le père Noël ou à des achats de dernière minute.  

Pour répondre à cette nouvelle façon de faire, le monde du commerce de détail doit s’adapter. L’expérience doit être réinventée. Et l’exemple à ne pas suivre est celui du joueur du commerce de détail qui avait tout pour s’adapter à la transformation et qui a manqué le bateau. Sears, qui avait le catalogue, le réseau de distribution et une approche logistique qui semblait prête à calquer rapidement le modèle du Web, a échoué lamentablement. En juin dernier, l’entreprise s’est placée sous la protection de la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies (LACC) et, en octobre, on annonçait la fermeture définitive de l’ensemble des magasins à travers le Canada. C’est quelque 12 000 personnes qui ont perdu leur emploi et presque tout autant qui ont vu leur fonds de pension réduit. C’est à ni rien comprendre. Comment les dirigeants d’une entreprise si enracinée ont pu si mal lire leur clientèle et son environnement ? C’est à n’y rien comprendre.

De nouveaux joueurs comme Amazon ont vu le jour. Ils occupent aujourd’hui l’espace. Particulièrement auprès de la jeune clientèle. L’étude NETendances du CEFRIO révélait que 57 % des Québécois achetaient en ligne en 2016 pour des dépenses totales d’achats d’environ 8,5 milliards de dollars. Mais ce qui est d’autant plus révélateur de l’avenir, c’est que la proportion augmente significativement pour la tranche des 18-24 ans. 80 % d’entre eux font des achats en ligne.

S’il est vrai que nos gouvernements doivent encore agir pour assurer l’équité fiscale ente les plateformes en ligne et les commerces traditionnels, il n’en demeure pas moins que le secteur du commerce de détail doit s’adapter. Nos commerçants ont la responsabilité de toujours développer une offre attrayante en ligne, comme en magasin. Ce faisant, ils nous donnent envie d’y consommer, ce qui crée des emplois dans notre milieu. Cela veut dire un temps des Fêtes plus festif pour des familles de chez nous.


À propos de l'auteur

Marie Grégoire

Marie Grégoire

Communicatrice multifonction, Marie Grégoire cumule une expérience diversifiée en communication dans les secteurs économique et social. Son parcours politique l’a mené à l’Assemblée nationale à titre de députée de Berthier. Elle est aujourd’hui présente dans le paysage médiatique québécois à titre de collaboratrice de différentes émissions radiophoniques et télévisuelles où la diversité de ses intérêts permette de partager sa vision bien à elle des enjeux. Engagée dans son milieu, elle apporte son soutien à plusieurs organismes.

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