Nos entrepreneurs sur la ligne de front face à la Covid-19 [TIRÉ DU MAG]


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La crise du coronavirus bouleverse l’échiquier économique mondial. Chez nous, plusieurs entrepreneurs peinent à s’endormir le soir en pensant à l’ampleur de leurs difficultés. Face à l’adversité, certains se battent pour survivre. Comment nos propriétaires de pharmacie, d’épicerie, boulangerie se démènent-ils pour offrir leurs services essentiels ? Portrait de ces battants, des gens de cœur.  

En première ligne, ils affrontent le quotidien qui rime désormais avec adaptation, imagination et, surtout, protection des employés et des clients. C’est le cas de Marc-André Larivée, directeur général du Groupe Tomapure, un distributeur de fruits et légumes, filiale de l’entreprise Hector Larivée, en affaires depuis 80 ans. 

En temps normal, Tomapure qui a pignon sur rue à Laval depuis 2005, dessert des restaurants de renom à Montréal et Québec, ainsi qu’une dizaine de chaînes de restauration rapide. À la mi-mars, plusieurs restaurateurs ont fermé leurs portes. « Tout est à la baisse, c’est épouvantable, je ne vois pas d’autres termes », confie Marc-André Larivée. 

Entretemps, l’avènement de nouvelles chaînes de livraison de repas telles que Marché Goodfood et l’ajout de Costco viennent compenser, momentanément, la baisse du carnet de commandes. 

 

Gestion de crise

En 24 heures, l’impact de la Covid-19 a complètement chamboulé le rythme des affaires. « La normalité n’existe plus », dit-il. « Avant, on gérait au mois, à la semaine et, maintenant, on gère la prochaine heure. Chaque décision prise par nos clients ou le gouvernement affecte notre compagnie. »

Un exemple ? La fermeture par le gouvernement Legault de la majorité des commerces et entreprises a provoqué un branle-bas de combat chez les Larivée.

Son père Daniel travaille dans le bureau d’à côté. Ensemble, ils ont fait pression afin de maintenir l’ouverture des fabricants de carton. Sur la ligne de montage, son équipe utilise des boîtes en carton pour emballer les produits. Sans cet élément essentiel, la chaîne d’approvisionnement aurait été carrément en péril. 

Cette crise est sans précédent, selon la famille Larivée, qui est en affaires depuis quatre générations. Le pire, c’est le drame humain qui en découle. « Comme employeur, c’est déchirant d’annoncer une mise à pied temporaire à nos équipes qui nous ont permis de bâtir notre entreprise. »

Au Québec, le Groupe Hector Larivée emploie 300 employés qui ont chacun des familles, dont une cinquantaine à Laval. À titre d’entrepreneur, Marc-André Larivée ressent une responsabilité face à eux. « On essaie de trouver des solutions pour maintenir les emplois, mais il n’y en a juste pas. Cela vient te gruger, c’est inimaginable. » 

Le directeur général du Groupe Tomapure accueille d’un bon œil l’aide du gouvernement Trudeau proposant de défrayer 75 % du salaire d’un employé. « Cela va définitivement nous aider à survivre à cette crise et, peut-être, éviter quelques mises à pied futures », évoque-t-il. 

Toutefois, il ne prévoit pas rappeler les employés renvoyés temporairement. « Même si je les rappelais, nous n’aurions pas de tâches à leur donner. La raison est simple : nous manquons de volume. » 

 

Nouvelles règles

Fin mars, au moment de l’entrevue, une dizaine d’employés du Groupe Tomapure travaillent en suivant des règles strictes d’hygiène et de salubrité, dont celles du lavage des mains. 

Ils gardent une distance de deux mètres entre eux. Aucun visiteur n’est admis dans l’entreprise, transformée littéralement en forteresse. « Nos chauffeurs et les compagnies de transport ne peuvent pas rentrer dans nos usines. Un protocole strict a été mis en place », ajoute Marc-André Larivée qui, l’après-midi, travaille sur la ligne de production avec les autres journaliers.

Déjà, l’entreprise de transformation alimentaire se pliait à des standards élevés en termes de salubrité. Des caméras filment toutes les opérations. L’eau qui sert à arroser les fruits et légumes, par exemple, est testée afin d’être exempte de bactéries, de levure ou de moisissure. Des tests sont pratiqués en laboratoire afin de s’assurer que les produits ne recèlent pas de salmonelle ni d’E. coli. 

À la fin de l’entrevue, la question est posée. Quelle leçon retenez-vous de la crise actuelle ? Un silence de plomb suit avant la réponse empreinte de sincérité. « On est tellement en mode gestion de crise. Ce qui compte, c’est de sauver notre entreprise. C’est le travail d’une vie », conclut le dirigeant. 


À propos de l'auteur

Annie  Bourque

Annie Bourque

Recherchiste d'expérience devenue journaliste-pigiste pour différents magazines. Annie aime raconter le parcours de gens inspirants et mettre en valeur des femmes et des hommes qui osent emprunter un chemin différent.

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