Oser rêver grand pour O’Citrus et la ferme familiale


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© Image au carré
L'entrepreneure au moment de recevoir son prix au Gala Dunamis de la CCIL le 11 avril dernier.

Cultiver des citrons d’Asie, un créneau unique au Québec. Une passion, mais aussi la création d’une entreprise florissante pour Vyckie Vaillancourt qui représente la relève d’une 7e génération d’agriculteurs de la Ferme d’Auteuil à Laval. Parcours d’une jeune entrepreneure qui se distingue par sa créativité, son innovation et son sens inné des affaires.

Dans une autre vie pas si lointaine, la jeune femme a passé sept ans dans le monde des communications et marketing. On l’imagine facilement en tailleur et talons hauts dans les 5 à 7.

Cette fille unique de l’agriculteur Yves Vaillancourt commence toutefois à ressentir une certaine lassitude dans son emploi. Au même moment, son père lui demande si elle est intéressée à reprendre la ferme maraîchère. Un lieu synonyme de fleurs, de fruits et légumes frais pour les Lavallois qui connaissent bien l’endroit depuis 300 ans !

« Si tu n’es pas intéressée, je vais la vendre », lui dit-il.

Cette idée la chamboule dans son for intérieur. Petite, elle jouait dans une cabane nichée dans les arbres. « J’avais une telle liberté. Je passais toutes mes journées dehors. »

En toute franchise, elle lui répond : « Je ne sais pas si je veux reprendre la ferme, mais au moins je vais essayer et voir si j’aime ça. »

Deux ans plus tard, sa grand-mère Agathe voit sa petite-fille d’un autre œil. « Vyckie est travaillante, elle veut réussir et apprend vite », confie la dame de 80 ans, à l’énergie débordante.

« Je l’ai avertie », ajoute-t-elle, « des vacances l’été, tu oublies ça et ne t’attends pas à un gros salaire. »

O’Citrus

En saison estivale, la jeune femme travaille 7 jours sur 7. « À la ferme, ce n’est pas toujours facile. En créant mon entreprise O’Citrus où je fais pousser ces citrons, cela me permet de me réserver et d'aller de l'avant dans la reprise de la ferme. »

Dans la serre, on retrouve une variété d’agrumes qui poussent normalement dans les régions d’Asie ou d’Europe. Les noms mystérieux défilent au rythme de nos pas. Bienvenue dans le monde des Yuzu, Main de Bouddha, Lime kaffir, Sudachi, Kumquat, Citron caviar…

En 48 mois, le charisme et l’entregent de Vyckie ont permis de tisser des liens avec sa clientèle cible : chefs, brasseurs, distilleries et acteurs de l’industrie alimentaire et cosmétique. En achetant ces produits inédits, ces entrepreneurs contribuent à réduire l’empreinte écologique car sinon ils proviendraient de l’Hexagone ou du pays du Soleil-Levant.


Projets

En plein processus de transfert, son père Yves lui montre ses connaissances et sa passion pour le métier d’agriculteur. « Il est ouvert à mes idées. À la demande des restaurateurs, je commence à réfléchir à la possibilité de faire pousser des légumes dans les serres. »

Parmi ses nombreux projets, l’entrepreneure veut accueillir davantage de visiteurs. Cela rejoint sa passion pour les relations publiques. « Durant les samedis à la ferme, l’été dernier, nous avons proposé des ballades en tracteur aux gens à qui j’expliquais la culture des champs. »

À moins de 20 minutes de la ville, les Lavallois peuvent vivre une belle expérience à la ferme. Des jeunes apprennent du même coup que les fraises ne proviennent pas de l’épicerie mais bien d’un champ non loin de chez eux.

Une récolte de prix 

Cet hiver, après son travail à la ferme, Vyckie passait ses soirées à rédiger des dossiers pour différents concours d’entrepreneuriat. Quelle est la raison qui l’incite à poser sa candidature ? « Le métier d’agriculteur est un peu dans l’ombre et je veux redorer l’image de la relève agricole », explique-t-elle.

Son parcours, sa créativité et son sens inné des affaires ont séduit les membres des différents jurys. Sélectionnée parmi 75 jeunes entrepreneurs de moins de 35 ans, dans 17 régions au Québec, la Lavalloise a remporté une bourse de 25 000 $ décernée par le ministère de l’Économie et de l’Innovation. Cet octroi financier lui permettra d’acquérir une nouvelle serre.

Au concours Dunamis de la Chambre de commerce et d’industrie de Laval, elle a reçu le prix de la catégorie Jeune cadre, entrepreneur ou professionnel. En mai, elle s’est distinguée au concours OSEntreprendre dans la catégorie régionale bioalimentaire. Le 12 juin, Vyckie saura si sa candidature a été retenue au provincial.

Aide accrue

La jeune agricultrice souhaite que les deux paliers de gouvernement s’investissent davantage pour aider les entrepreneurs. « Cette année, j’ai une bourse, mais l’an prochain, je n’en aurai plus et le coût de chauffage pour les serres demeure élevé. Imaginons si Hydro-Québec pouvait réduire ses tarifs afin que je puisse chauffer mes serres à l’électricité », illustre-t-elle.

« La Financière agricole donne 195 M$ aux agriculteurs qui font face à des pertes ou à la destruction de leurs champs. Il n’y a aucun montant associé à des projets innovants », déplore-t-elle.

Peut-être qu’un jour nos politiciens aideront financièrement les agriculteurs qui rêvent de nourrir les Québécois ? « Si je suis capable de faire pousser des citrons à - 40 degrés l’hiver, on pourrait peut-être faire pousser des avocats et être autosuffisant en 2050. »

À l’aube d’une prochaine campagne électorale, Vyckie entend sensibiliser les candidats à cette possibilité.


© Mario Beauregard
Son père Yves Vaillancourt a entamé la processus de relève avec sa fille Vyckie.


À propos de l'auteur

Annie  Bourque

Annie Bourque

Recherchiste d'expérience devenue journaliste-pigiste pour différents magazines. Annie aime raconter le parcours de gens inspirants et mettre en valeur des femmes et des hommes qui osent emprunter un chemin différent.

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