Parler un français de qualité, un critère d’embauche chez Ph

Parler un français de qualité, un critère d’embauche chez Photo Laplante


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Crédit photo : Vincent Lacasse

Ne travaille pas qui veut chez Photo Laplante, installée à Pont-Viau depuis plusieurs décennies. Tout autant que le diplôme obtenu dans une école de photographie, c’est la qualité de l’expression orale en français qui ouvre la porte de cette entreprise réputée pour détenir les meilleurs équipements et marques du domaine.

« Cela fait partie de nos principaux critères d’embauche. Notre clientèle est composée à 90 % de francophones. Cela nous apparaît tout naturel que nos employés sachent s’exprimer dans un français de grande qualité, y compris à l’écrit », explique le propriétaire Pierre Laplante.

Ainsi, durant l’entrevue d’embauche, il porte une attention aux anglicismes et autres calques linguistiques que le postulant emploie. Trop de lacunes lors de cette conversation deviennent une « tache au dossier » et diminuent les chances d’obtenir le poste convoité.

Mais, au dire de Pierre Laplante, la jeune génération formée dans les écoles de photographie et les cégeps montréalais connaît bien la terminologie francophone du métier et de ses appareils de plus en plus sophistiqués. « Les jeunes me semblent bien sensibles à s’exprimer correctement et à utiliser les mots du métier en français. Je dirais même que j’en ai qui en tirent une grande fierté », poursuit l’homme d’affaires.

Bannir les mauvaises expressions

Il reconnaît toutefois représenter l’exception dans le milieu du commerce de détail. Il constate que, trop souvent, les employeurs ne possèdent pas les mêmes critères que lui. Il raconte à cet effet une anecdote qui l’a marqué et encouragé à justement faire mieux. « Nous avons l’habitude de tenir des rencontres d’équipe après les heures de travail, où on discute autour d’une pizza. Je ne dirais pas combien de fois nous côtoyons des livreurs qui ne parlent pas un mot de français. À chaque fois, ça fait bizarre. Ce n’est pourtant pas si compliqué que cela dans un milieu francophone de répondre aux gens en français, il suffit juste de le vouloir. »

Chez Photo Laplante, le franglais n’a pas la cote, même s’il admet que personne n’est parfait. Et cela, malgré les modes amenées par la clientèle qui pense bien dire en utilisant un mot anglais !

« Lorsqu’un client nous dit chercher des lens de qualité, nous lui parlons d’un objectif. On ne le reprend pas directement, c’est bien évident, on n’est pas des professeurs. Par contre, on lui répond avec les bons termes. On fait très attention de toujours bien les utiliser, en espérant que les clients comprennent le message », ajoute le commerçant.

Pierre Laplante n’a aucun malaise à insister auprès de son personnel pour qu’il utilise les bons mots français, même lorsque la clientèle ne le fait pas. Il avoue même que deux de ses employées sont de véritables gardiennes du bon usage. « Dans nos échanges par courriel et sur les réseaux sociaux, on a développé le réflexe de nous faire relire par nos expertes. On a à bien écrire, sinon on se fait taper sur les doigts », lance-t-il en rigolant.

Toutefois, Pierre Laplante reconnaît qu’il possède l’avantage de travailler dans un quartier et auprès d’une clientèle très majoritairement francophone, ce qui ne l’expose pas, ni ses employés, à glisser vers des termes anglophones lors d’un échange avec sa clientèle. «  Nous savons que savoir nous exprimer dans un français de qualité, avec jovialité et humour pour répondre à des demandes de conseils et de services, c’est le meilleur moyen de conserver cette clientèle », dit le propriétaire de Photo Laplante.

Vivre dans un monde anglophone

Le principal défi de l’équipe de Photo Laplante se situe davantage dans ses relations avec les fournisseurs. Au fil des décennies, les succursales québécoises des grandes marques internationales ont été fermées et dorénavant la distribution du matériel photographique se fait à partir de Toronto, ou directement de bureaux situés à l’extérieur du Canada. « On n’a pas le choix. Il faut leur parler et leur écrire en anglais. Mais on insiste du mieux qu’on le peut pour qu’ils nous expédient des produits avec des emballages bilingues. Par contre, il arrive encore que, pour des produits très spécifiques, nous les recevions dans des emballages uniquement anglophones. On cherche alors à produire une feuille d’instruction que nous aurons traduite nous-mêmes », enchaîne Pierre Laplante.

Le travail de francisation n’est pas toujours simple, surtout lorsqu’il s’agit de présenter des produits d’exception sur le site Web. L’équipe qui entoure Pierre Laplante travaille fort pour rédiger des contenus au meilleur de ses connaissances.

L’Office québécois de la langue française (OQLF) possède plusieurs répertoires linguistiques qui décrivent en détail les terminologies utiles pour l’informatique ou pour le vocabulaire francophone des affaires, mais n’offre pas de répertoire terminologique pour la photographie. Par contre, le site Web de l’OQLF propose un lexique français/anglais Adobe Flash CS5 d’une grande utilité pour les commerçants qui se font un point d’honneur à utiliser un français de qualité.

L’homme d’affaires ne cache pas son agacement face à certains fournisseurs canadiens, dont plusieurs de leurs employés détiennent des compétences en français, à ne vouloir conclure des affaires que dans la langue de Shakespeare. « On a toujours une pression constante imposée par l’anglais. Faut être vigilant et avoir la volonté de communiquer en français, lorsqu’on sait que c’est possible. C’est important que ce soit rappelé à l’occasion. Tout le monde a des efforts à faire ». Pierre Laplante attire leur attention sur des traductions douteuses imprimées sur des emballages, souvent causées par négligence ou indifférence. Lorsque cela se répète, Photo Laplante se met en mode « remplacement de fournisseurs ».

« Ce ne sont pas nécessairement les plus grosses entreprises qui sont les pires en traduction vers le français. Lorsque nos messages ne passent pas, on a tendance à changer de fournisseur, si cela est possible. »

 

 

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À propos de l'auteur

Denise Proulx

Denise Proulx est une journaliste indépendante depuis trois décennies. Elle a travaillé dans la plupart des magazines et médias de masse, tant à l’écrit qu’à la télévision, pour lesquels elle a couvert une multitude de questions régionales, nationales et internationales. Au fil des années, Denise Proulx s’est spécialisée en économie, environnement et en agriculture. Parallèlement à sa passion pour le journalisme, elle enseigne les enjeux de l’environnement à l’Institut des sciences de l’environnement à l’UQAM. Citoyenne engagée, elle participe à des actions citoyennes en faveur de la protection de la nature.

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