Pénurie de main-d’œuvre court terme ou long terme ?


Marie Gregoire_© Bénédicte Brocard.jpg

La pénurie de main-d’œuvre frappe partout. Que ce soit pour des travailleurs occupant des postes spécialisés ou d’entrée, les entreprises cherchent des solutions. Le problème n’est pourtant pas nouveau. On parle de choc démographique, non pas depuis des années, mais bien depuis des décennies. On aurait certes pu agir avant, agir en prévention pour mettre en place des mesures diversifiées. Une fois cela dit, il faut vivre avec la réalité et voir comment composer avec la situation sans refaire les erreurs du passé.

L’économiste Pierre Fortin proposait cinq moyens dans sa chronique publiée dans l’Actualité en août dernier. Il ciblait l’augmentation de la productivité par la réorganisation du travail, l’accélération des programmes d’investissement, le maintien en emploi des 55 - 74 ans, la formation, puis l’immigration qui représentait ainsi une solution parmi d’autres. J’ajoute qu’il serait aussi possible de réformer la fiscalité pour ne plus pénaliser le temps supplémentaire.

S’il faut parer à l’immédiat, il importe surtout de se donner une vision à long terme. Cela veut dire qu’il faut regarder les tendances du marché du travail et la démographie actuelle pour prendre les décisions qui s’imposent. Plusieurs études démontrent que le monde du travail est en pleine révolution, non seulement ici mais partout dans le monde. L’intelligence artificielle et la robotique commencent déjà à changer la donne.  Selon une étude de la RBC, 50 % des emplois au Canada seront chamboulés par l'arrivée des robots d'ici 2030.

Déjà, le secteur de la restauration a embrassé le changement. La revue Forbes rapportait que la chaîne de restauration était passée à la vitesse grand V en matière d’intelligence artificielle et de robotisation. La prise de commande par application mobile et bornes interactives, l’analyse des données pour une expérience client rehaussée et des robots pour la fabrications des commandes, tous les processus d’affaires ont été revus pour répondre aux nouveaux défis du marché de l’emploi et à la concurrence.

Il n’y a pas que les entreprises qui doivent s’adapter au changement. Les politiques publiques doivent aussi être modifiées. Comme l’écrivait Stéphanie Grammond dans sa chronique du 23 janvier dernier, en citant le mémoire de la Chaire de recherche en fiscalité et en finances publiques, le régime des rentes du Québec doit permettre aux aînés qui le désirent de demeurer sur le marché du travail sans être pénalisés. Les bénéfices des cotisations des retraités au RRQ diminuent avec l’âge. Un travailleur de 60 ans qui cotise aura, par exemple, un rendement de 4,9 % comparativement à 1,3 % pour un travailleur de 75 ans.

Bref, les solutions existent. Elles doivent être mises en application avec la mutation du marché du travail qui s’opère. Tous doivent y contribuer et il faut faire vite sans se précipiter. C’est un défi de taille qui doit engager employés, employeurs, jeunes et vieux, élus, et ce, pour le bénéfices de tous.


À propos de l'auteur

Marie Grégoire

Marie Grégoire

Communicatrice multifonction, Marie Grégoire cumule une expérience diversifiée en communication dans les secteurs économique et social. Son parcours politique l’a mené à l’Assemblée nationale à titre de députée de Berthier. Elle est aujourd’hui présente dans le paysage médiatique québécois à titre de collaboratrice de différentes émissions radiophoniques et télévisuelles où la diversité de ses intérêts permette de partager sa vision bien à elle des enjeux. Engagée dans son milieu, elle apporte son soutien à plusieurs organismes.

Publicité: Publicité: Publicité:

Derniers articles

Nos partenaires

CCIL Logo

La Chambre de commerce et d'Industrie de Laval a 50 ans.

Pour nous suivre:

Derniers articles

Nous joindre

1455, rue Michelin,
Laval (Québec)
H7L 4S2

Tél. 450 682-5255
Fax. 450 682-5735