Quel budget pour l'économie ?


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Crédit photo : Image au carré

Alors que la croissance résidentielle de Laval bat son plein, le budget Demers vise à « attirer et retenir des résidents et citoyens corporatifs », explique-t-on à la direction du Service du développement économique de la Ville de Laval.

Ainsi, les dernières statistiques de migration interrégionale de Laval démontrent que, l'an dernier, l'île perdait des résidents pour la première fois depuis 2011. Pas beaucoup : à peine 200 personnes de plus ont quitté Laval, en comparaison au nombre de résidents ayant emménagé dans la ville. Mais en 2011-2012, Laval convainquait presque 1 200 personnes de plus de s'y établir, par rapport aux personnes qui pliaient bagage.

D'où un train de mesures mises en place afin d’assurer « une qualité de vie pour les citoyens et la main-d’œuvre et un environnement d’affaires propice pour les entrepreneurs et les entreprises », explique Guy De Repentigny, directeur adjoint au Service du développement économique de la Ville de Laval. 

L'importance accordée par Marc Demers à plusieurs initiatives encadrées par une vision de « vie urbaine » favorise la rétention des citoyens, que ceux-ci travaillent, vivent ou étudient à Laval, poursuit Guy De Repentigny. « C'est au cœur même du budget, qu'il s’agisse de nouvelles infrastructures ou d’aménagements de culture, des loisirs ou des sports. Des services de base comme la collecte de matières organiques s’est élargie cette année, des investissements ont été faits dans le réseau routier, ou encore un virage vers la ville intelligente a été entrepris. »

Dans cette perspective, la refonte du nouveau centre-ville est importante. On veut y promouvoir la mixité des fonctions telles que le travail, les études et l'habitation. On prévoit ainsi des investissements de 6,6 M$ au centre-ville pour revitaliser des grandes artères commerciales comme les boulevards Curé-Labelle, des Laurentides – boulevard bénéficiant de 4,5 M$ pour le secteur du métro Cartier – et Saint-Martin.

Au chapitre purement économique, le budget Demers doit surtout s'atteler à maintenir les gains enregistrés par ses secteurs d'activité. Le territoire, dans son ensemble, affichait une croissance du PIB intéressante pour la période 2011-2015, relève l'Institut de la statistique du Québec. Avec 2,9 % de croissance annuelle moyenne pendant ces cinq années, c'est nettement mieux que les 2,4 % affichés par l'économie québécoise pour la même période.

Cela étant, les secteurs manufacturiers et de la production de biens, avec une croissance annuelle moyenne du PIB de 2,7 % sur 5 ans, coiffe le Québec qui, pour la même période, affiche une croissance de 1,4 % de son secteur de la fabrication.

Laval bat cependant de peu sa plus proche rivale, Montréal, qui affiche un taux de 2,6 %.

D'où le maintien intégral des programmes d’aide financière aux entreprises et entrepreneurs, par l'entremise du Fonds local d’investissement, du Fonds Jeunes Promoteurs et du Fonds d’Économie sociale. En outre, le programme d'immobilisations prévoit 40 M$ pour l'acquisition de terrains à des fins de revente, « pour inciter des entreprises à s’établir à Laval », selon Guy De Repentigny. À cela s'ajoutent les 4,5 M$ d’excédents cumulés de la défunte Laval Technopole, qui seront canalisés « au cours des cinq prochaines années à la bonification des programmes et à des initiatives stratégiques en matière de développement économique, comme des incubateurs, des accélérateurs, des pôles d’innovation et des vitrines technologiques », précise Guy De Repentigny.

À cet égard, on annonce le déploiement du Centre d’incubation et d’accélération en mobilité intelligente de Laval, la mise en place d’un Parc d’innovation et d’un incubateur agricoles, ainsi que celle d’un Pôle d’innovation en commerce. Quant au Programme triennal d’immobilisations 2018-2020, il s'élève à plus de 1 G$, dont 44 % ira à la protection et à la réfection des infrastructures, et 55 % au développement de nouvelles infrastructures. On prévoit ainsi d’injecter 365 M$ en 2018, 325 M$ en 2019 et 390 M$ en 2020.

De ces sommes, on financera un virage numérique (57,4 M$), de nouveaux aménagements urbains (107 M$), la construction ou la réfection d'équipements de loisirs et sportifs (plus de 100 M$), et plusieurs grands projets visant la vie communautaire (près de 100 M$). À tout cela s'ajoutent plusieurs projets d’infrastructures, tels que des postes de gendarmerie et des casernes de pompiers, la réfection des usines de traitement, et une usine de biométhanisation et de compostage, à laquelle 200 M$ seront consacrés dans les prochaines années.

Toutes ces mesures pourraient bien endiguer la perte de vitesse du secteur de la construction, qui affichait une faible croissance de 1,2 % de son PIB sur 5 ans. Des mesures pourraient s'avérer nécessaires pour redonner un peu de lustre aux secteurs informatiques, électroniques et électriques, lesquels ont vu leur PIB annuel moyen chuter de 6 à 7 %, soit une baisse supérieure à celle enregistrée par les mêmes secteurs au Québec – qui ont chuté de 4 à 6 % – pour la même période.

C'est un budget dont le maire Demers espère qu'il amènera Laval à un « juste équilibre entre la préservation de nos milieux naturels, le développement des quartiers et la mise en valeur d’un centre-ville urbain et attrayant ».


À propos de l'auteur

Jean-François Parent

Jean-François Parent

Géographe de formation, Jean-François s’est d’abord intéressé au développement régional et à l'économie des ressources naturelles avant de passer au journalisme. Il signe depuis 15 ans des reportages et de grandes enquêtes économiques et financières pour les grands médias d'informations. Son travail a été primé au Québec et au Canada et il a enseigné le journalisme à l'Université Concordia. Depuis 5 ans, il se spécialise en analytique d'affaires et collabore notamment avec des sociétés financières, juridiques et publicitaires pour lesquelles il conçoit et réalise des contenus, mémoires, et études de marché. Il est diplômé de l'Université McGill et du King's College à Halifax, en plus de poursuivre sa formation à l'UQAM et au Canadian Securities Institute.

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