Quelque chose comme l’équité


En septembre dernier, le gouvernement fédéral annonçait la conclusion d’une entente historique avec le service de télévision en flux continu Netflix. En échange d’un investissement de 500 millions de dollars au cours des cinq prochaines années sur des projets provenant de producteurs canadiens, les services de l’entreprise ne seront pas taxés au Canada. Largement décriée, cette entente a ramené à l’avant-plan la question de l’iniquité fiscale que traînent, dans leur sillage, les géants du commerce en ligne tels qu’Amazon.

À l’instar de Netflix, Amazon permet encore aujourd’hui aux consommateurs canadiens d’économiser les taxes lorsqu’ils se procurent leurs produits sur le site américain de l’entreprise. De passage à l’événement eCOM.MTL, le grand patron d’Amazon Canada a affirmé qu’un mince 5 % des transactions effectuées au pays passe encore aujourd’hui à travers les mailles du filet fiscal canadien.

Si petit soit-il, ce chiffre représente plusieurs milliards de dollars. Des dollars qui échappent aux commerçants d’ici qui font le pari du commerce en ligne tout en respectant les lois en vigueur. À Laval seulement, plus de 1 300 entreprises œuvrent dans le commerce de détail. Ensemble, elles assurent de l’emploi à quelque 20 000 personnes. Plusieurs ont aussi une présence affirmée sur le Web. Peu d’entre elles bénéficient toutefois d’une aide conséquente.

La Chambre de commerce et d’industrie de Laval y voit une iniquité qu’il importe de dénoncer, tout comme l’empressement avec lequel nos gouvernements déroulent le tapis rouge aux géants du commerce en ligne qui s’accaparent des parts de marché importantes en négligeant d’appliquer les taxes en vigueur.

Ce sont ces taxes qui permettent d’assurer une éducation et des services de santé de qualité à l’ensemble de la population. Les entreprises d’ici – en majorité des PME – contribuent chaque jour à ce contrat social en créant de la richesse et en réinvestissant sur le territoire. Les géants internationaux qui se cherchent un pays où se loger à moindre coût doivent eux aussi y souscrire. C’est une question d’équité. Un engagement auquel aucun citoyen corporatif ne peut se soustraire. Et il revient à nos gouvernements d’y voir.

Chantal Provost
Présidente-directrice générale
CCIL


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