Se démarquer par la création d’un modèle distinct

Se démarquer par la création d’un modèle distinct


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Vyckie Vaillancourt montre le citron au nom original de Main de Bouddha.

Dans la serre au toit transparent, le ciel gris et pluvieux contraste avec le vert éclatant d’une multitude de citronniers aux noms exotiques. La propriétaire Vyckie Vaillancourt déambule en expliquant les propriétés de chacun.

En face du limier kaffir, un arbre d’Asie du Sud-Est, elle montre les feuilles qui serviront à parfumer un poulet ou un bouillon. « On l’utilise aussi dans les desserts incluant du chocolat noir ou dans des cocktails avec du gin », énumère la fondatrice de O’Citrus, la première entreprise spécialisée au Québec dans la production d’agrumes fins cultivés en serre.

En quelques minutes, le plaisir est là à découvrir les différentes variétés, comme ces calamondins comparables à de petites oranges qui poussent normalement en Italie, aux Philippines ou en Provence, en France. Un projet est actuellement en cours avec une brasserie qui pourrait s’en servir pour créer une nouvelle bière. Il est encore trop tôt pour dire si les Lavallois pourront y goûter lors du prochain Festival des bières de Laval, en juillet.

Plus loin, on aperçoit des pomelos ressemblant à des avocats nichés au creux des feuilles. « Un lot de pomelos a été vendu récemment au restaurant Mousso », précise-t-elle. Réputé pour sa cuisine créative, son chef transformera le zeste et le jus du fruit pour en faire une sauce ou une purée qui rehaussera un plat de poisson, de poulet ou une salade.

Patience

La passion pour les agrumes lui a été transmise par son père Yves, un fin gastronome qui a acheté son premier arbre Yuzu avec un ami, il y a plus de 15 ans. « Il a fallu attendre 7 ans avant de cueillir les premiers citrons », ajoute la jeune femme de 29 ans.

Durant ses études en entrepreneuriat à HEC Montréal, Vyckie a réalisé le potentiel de ces fruits. De là l’idée de créer sa propre entreprise. Puis elle a développé un précieux réseau de contacts avec des restaurateurs, distilleries et propriétaires de bar. « Sa production d’agrumes est déjà toute vendue », confie Agathe, sa grand-mère de 80 ans qui est la figure la plus connue de la ferme Vaillancourt.

La jeune femme ne lésine pas sur les moyens pour prendre de l’expansion. « L’enjeu est de continuer à faire grossir la production. À tous les ans, j’achète de nouveaux citronniers qui vont mettre sept ans avant de produire », dit Vyckie.

En mode événements

En dégustant une tisane, Vyckie dessine son avenir à haute voix. « Je souhaite créer une serre éducative où les gens pourraient prendre un café et relaxer. »

L’endroit a quelque chose d’apaisant pour les citadins à la recherche d’une expérience en territoire agricole. Tout près, la ferme maraîchère devient un lieu propice à la création d’événements, comme le premier dîner champêtre en plein champ, prévu le 6 septembre prochain. « On ne veut pas trop en parler car déjà 80 places sont réservées. Des amis de mon père, des chefs originaires de France, propriétaires d’un restaurant, viendront cuisiner ici dans l’après-midi. »

Imaginez l’organisation car, dans les champs, il n’y a pas d’électricité. Les chefs commenceront les plats dans la cuisine de l’Hôtel Sheraton Laval, puis des réchauds seront installés non loin des convives. Un défi de taille !

Attirer les jeunes

« Le but, c’est de faire vivre la ferme aux gens », résume-t-elle. « Les jeunes seraient sans doute attirés par une compétition de cocktails sur place. On imagine les mixologues cueillir des fraises, framboises ou fines herbes et inventer un élixir sur place. »

Son enthousiasme est contagieux. « Je voudrais que notre ferme se démarque par son côté branché, original. Peut-être qu’un jour, j’aurais un bar éphémère dans les champs », confie-t-elle en riant.

Représentant la 7e génération des Vaillancourt, Vyckie est consciente d’une chose : « J’ai beau avoir des idées flyées, il reste que l’entreprise doit être rentable. »

Son père Yves est réceptif à ses idées. Parfois, il lui réplique avec un zeste d’humour : « Calme-toi un peu, tu es en train de me donner encore plus de cheveux blancs. »


« L’imagination est plus importante que la connaissance. Car la connaissance est limitée, tandis que l’imagination englobe le monde entier, stimule le progrès, et suscite l’évolution. » – Albert Einstein


 


À propos de l'auteur

Annie  Bourque

Annie Bourque

Recherchiste d'expérience devenue journaliste-pigiste pour différents magazines. Annie aime raconter le parcours de gens inspirants et mettre en valeur des femmes et des hommes qui osent emprunter un chemin différent.

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