Un premier ministre économique


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On dit souvent que si on ne s’occupe pas de la politique, la politique s’occupe de nous. C’est particulièrement vrai quand on parle économie. Le départ du premier ministre Bernard Landry nous rappelle à quel point les décisions gouvernementales peuvent être structurantes pour le climat  économique, tout comme pour l’environnement règlementaire qui régit les opérations de nos organisations au quotidien.

 

Lanaudois d’origine, il avait des sensibilités lavalloises pour avoir représenté les comtés de Fabre en 1976 et de Laval-des-Rapides de 1981 à 1985. Il effectua toutefois son retour en politique dans Verchères en 1994.

 

Plusieurs ont rendu hommage à Bernard Landry, premier ministre. Son rôle de premier dirigeant des destinées du Québec est ce qui retient l’attention. Son héritage le plus durable tient cependant grandement aux décisions qu’il a prises à titre de ministre des Finances.

 

François Legault rappelait que monsieur Landry lui avait enseigné que le développement économique se fait une entreprise à la fois. Il avait d’ailleurs pris le pari du multimédia au tournant des années 2000. Plusieurs, tout en étant d’accord avec l’objectif, questionnaient le moyen qu’il avait retenu. Près de 20 plus tard, force est d’admettre que la formule a porté fruit. Le Québec est maintenant un chef de file dans ce secteur hautement créatif.

 

Il croyait aussi que l’économie du Québec devait en être une de propriétaire. L’épisode de la vente de Vidéotron en est un exemple frappant. Au moment où Rogers s’apprêtait à mettre la main sur Vidéotron, Bernard Landry a soutenu la décision de la Caisse de dépôt et de placement du Québec d’intervenir afin de trouver un scénario alternatif. C’est ainsi que Québecor s’est emparé de l’entreprise qui est devenue la locomotive du groupe. L’extrait du magazine L’actualité du 28 octobre 2010 traduit bien la pensée de l’homme : « J’aurais trouvé catastrophique que TVA soit contrôlée par Toronto et Rogers », disait Bernard Landry, qui était alors ministre des Finances. « Ma réaction n’avait rien d’anormal. Le Québec est une nation, et aucune nation au monde n’aurait accepté que sa télé soit contrôlée par une autre nation. »

 

Tous ses choix n’auront pas été sans faille. Si Paccar construit toujours des camions sur le bord de la 15, d’autres projets se doivent d’être comptabilisés dans la colonne des moins. Celui qui croyait profondément que le développement du Québec devait se faire à la fois dans les régions et à Montréal s’était donné comme objectif de relancer l’économie de la Gaspésie. Malheureusement, son projet phare la Gaspésia sera loin de livrer les résultats escomptés. Bien au contraire…

 

Il faudrait plus qu’un seul texte pour tracer en détail l’héritage de Bernard Landry. C’est aussi le temps qui permettra de mettre les actions de ce passionné en perspective dans le grand livre de l’Histoire. Ceci dit, on peut risquer de dire, sans trop se tromper, qu’on retiendra de lui son amour indéfectible pour le Québec et sa volonté de développer son plein potentiel à la hauteur du talent des Québécois.


À propos de l'auteur

Marie Grégoire

Marie Grégoire

Communicatrice multifonction, Marie Grégoire cumule une expérience diversifiée en communication dans les secteurs économique et social. Son parcours politique l’a mené à l’Assemblée nationale à titre de députée de Berthier. Elle est aujourd’hui présente dans le paysage médiatique québécois à titre de collaboratrice de différentes émissions radiophoniques et télévisuelles où la diversité de ses intérêts permette de partager sa vision bien à elle des enjeux. Engagée dans son milieu, elle apporte son soutien à plusieurs organismes.

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